Pourquoi le peuple sénégalais devrait il accepter ce que vous n’auriez jamais accepté en Occident ?


                  

                  « Le peuple doit combattre pour ses lois comme il combat pour un rempart ». Héraclite

Le Sénégal traverse une crise politique sans précédent depuis la validation contestée de la candidature du président Wade. La capitale Dakar est le théâtre de violentes manifestations pour le retrait de cette candidature jugée anticonstitutionnelle malgré sa validation par le Conseil Constitutionnel. Le peuple sénégalais réputé d’ordinaire pacifique s’est dressé comme un seul homme pour empêcher la violation de sa Constitution. La stratégie amorcée par les candidats à l’élection présidentielle est de dénoncer par tous les moyens la forfaiture de Wade. Nous ne sommes pas dans une campagne classique ou les candidats mettent en avant un programme pour séduire les électeurs. Le message le mieux scandé par les candidats est « le retrait pur et simple » d’Abdoulaye Wade de la course présidentielle.

La population sénégalaise à l’image de sa jeunesse est engagée dans ce combat pour le respect de sa charte fondamentale. On dénombre une douzaine de morts sur l’ensemble du territoire sénégalais depuis le début des manifestations. Les forces de l’ordre ont réprimé avec une violence inouïe les manifestations pour le respect de la Constitution. Les puissances occidentales ont élevé la voix pour fustiger cette situation de violence au Sénégal. Leur position est pour le moins ambigüe ; la diplomatie américaine avait ouvertement affichée son opposition à un troisième mandat.  L’ambassadeur des Etats Unis à Dakar avait déclaré « qu’il est regrettable que le président Wade ait choisi de compromettre les élections, de mettre en péril la sécurité du pays par son insistance à briguer un troisième mandat ». Le ministre français des affaires étrangères Alain Juppé avait invité le président Wade à se retirer au profit de la « nouvelle génération ». La diplomatie sénégalaise est montée au créneau pour dénoncer cette position occidentale synonyme d’ingérence dans les affaires d’un pays souverain.

Aujourd’hui, la posture occidentale a changé, le chef de la diplomatie française invite les autorités sénégalaises à organiser un scrutin  libre et démocratique. Ce revirement a pour effet de renforcer l’entêtement de Wade dans sa volonté de participer à l’élection. Les pressions de la communauté internationale sont désormais focalisées sur l’organisation d’une élection transparente avec « le candidat » Wade. Cette posture renforce le coup de force  du Président sortant à participer à cette élection et valide de fait la forfaiture perpétrée par le Conseil Constitutionnel.

La communauté internationale est entrain de trahir le combat mené pour le peuple sénégalais. Ce peuple mène un combat de principe pour le respect pur et simple de sa Constitution. Le président WADE avait lui-même affirmé qu’il avait verrouillé le nombre de mandat à deux ce qui lui interdisait de se présenter en 2012. On est en droit de se demander pourquoi le peuple sénégalais devrait accepter cette forfaiture ? Quelle serait la réaction du peuple américain ou français si leur président, à la fin des mandats autorisés par leur Constitution, décide de briguer un troisième suffrage ?  Accepteraient-ils que ce président soit candidat comme ils le demandent aujourd’hui au peuple sénégalais ?

Les pays africains doivent se faire respecter par les occidentaux. Il y’a des positions qui sont inacceptables et la participation de Wade à cette élection est une violation manifeste de la Constitution. Le Sénégal a suffisamment démontré à la face du monde que des élections présidentielles libres et démocratiques peuvent y être organisées. Le 23 Juin 2011, le peuple sénégalais s’est dressé devant les grilles de l’Assemblée Nationale contre la violation de sa Constitution par l’instauration d’un ticket présidentiel. Le président Wade devant la détermination des sénégalais a du renoncer à son projet « ubuesque ».

Le peuple sénégalais est dans la continuité de ce combat et demande encore une fois le respect de sa Constitution. C’est le sens même du combat mené depuis fin janvier.

Babacar NDIAYE, le 23 Février 2012

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