Burkina Faso, ce coup d’Etat ne doit pas passer


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Dans une Afrique en pleine mutation, certaines pratiques ont la dent dure. A quelques semaines de l’élection présidentielle, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) est entrain  de plonger le Burkina Faso dans une période de grande incertitude. Le Président Kafando et le Premier ministre Zida qui conduisaient la transition sont entre les mains de l’ancienne garde présidentielle de Compaoré. Ce coup d’Etat perpétré par le Général Gilbert Diendéré (Ancien chef d’état-major et bras droit de Blaise Compaoré) et ses compagnons est un frein au processus de transition entamé depuis un an.

La raison brandit pour justifier cet acte est la volonté de procéder à l’organisation d’une élection qui va rassembler toutes les sensibilités politiques y compris l’ancien parti au pouvoir le Congrès pour le progrès et la démocratie (CDP). Il faut rappeler que le Conseil constitutionnel burkinabé avait écarté de la course présidentielle des candidats qui étaient au cœur du « système Compaoré ». Cette exclusion de pontes de l’ancien pouvoir est perçue comme une erreur à plusieurs égards. En effet, les autorités de la transition devaient faire confiance au peuple burkinabé qui a pris son destin en main en 2014. Sans nul doute que ces candidats estampillés « compaoriste » allaient connaitre une grosse déconvenue lors de ce scrutin d’octobre. Ce qu’il faut souligner c’est encore ce décalage entre nos gouvernants et les populations africaines qui sont de plus en plus conscientes de leur rôle dans la gestion de nos Etats. On se souvient du Sénégal, lorsque le Président Wade a voulu se maintenir au pouvoir, il a été battu dans les urnes. Les autorités de transition burkinabé ont donné une belle opportunité aux proches de Compaoré de revenir au devant de la scène.

La volonté d’organiser des élections inclusives qui est à l’origine de ce coup d’Etat ne convint pas grand monde. Ce coup de force traduit plutôt la capacité de nuisance de Blaise Compaoré et ses proches dans ce processus de transition. En début de semaine, la commission pour les réformes appelait dans un rapport à la dissolution du RSP la toute puissante unité d’élite de l’armée burkinabé sous Compaoré.

Les prochaines heures vont être cruciales pour le peuple du Faso. Il faut condamner avec force ce coup d’Etat et se mobiliser contre ces putschistes qui poursuivent des intérêts particuliers. Le peuple burkinabé a la volonté d’avancer et ne peut accepter d’être l’otage de groupes mus par des intérêts personnels. Un rapport de force avec une mobilisation sans précédent des différentes composantes de la population burkinabé semble inéluctable pour enrayer cette forfaiture.

Babacar NDIAYE, le 17 septembre 2015